Mon travail s’articule autour de la notion d’épuisement, envisagée à la fois comme un état physique, mental et symbolique.
À travers la peinture, la gravure et des techniques mixtes, je cherche à pousser un geste, une relation ou un objet jusqu’à ses limites.
Ces projets explorent l’épuisement à travers la superposition, la saturation et l’effacement. Mais également l’épuisement du corps, du modèle, de moi-même et de la matière.
« “Jusqu’à épuisement”, la formule résonne comme une promesse, un engagement solennel. Ou serait-ce un défi que l’artiste se lance à lui-même en nous prenant à témoin ? À moins encore qu’il ne s’agisse d’une consigne pratique, ou mieux, une hypothèse heuristique qui nous livrerait la clé d’un processus d’investigation apparemment toujours en cours » Jusqu’à l’épuisement, Jérémy Laffon
Protocole. À partir du moment où la peinture commence, elle ne peut s’achever que lorsque l’un des deux participants – le modèle ou moi-même – atteint un état d’épuisement physique ou mental, qui ne permet pas de continuer, marquant ainsi la fin du portrait. Cependant, des pauses sont faites régulièrement afin de tenir dans le temps. Le modèle écrit dans un carnet mis à disposition à trois reprises : au début, au milieu et à la fin. Il écrit sur les pages de droite, une page différente pour chaque moment.
gravure
à la mémoire du mémoire
Cette recherche s’étend également aux lieux et aux objets. Par la superposition, l’effacement, la destruction ou la transformation, je tente d’épuiser la matière et son sens.
Dans À la mémoire du mémoire, le geste devient rituel : découper, archiver, brûler puis conserver les restes d’un mémoire universitaire. Malgré cette tentative d’anéantissement, quelque chose persiste toujours.
L’épuisement apparaît ainsi comme un processus paradoxal : vouloir finir, clore, tourner la page, tout en constatant que les traces demeurent. Mon travail questionne ce qui survient après l’effort, après la saturation, après la fin.









